Tu as entre 20 et 25 ans. Tu travailles, tu paies ton loyer, tu commences à mettre un peu d'argent de côté. Et quelque part dans ta tête, tu te dis que le CÉLI, c'est quelque chose que tu vas ouvrir « quand tu auras plus d'argent ».
C'est exactement là que la plupart des jeunes Québécois laissent des centaines de milliers de dollars sur la table.
Ce que le CÉLI est vraiment
Le Compte d'épargne libre d'impôt — CÉLI — est l'un des outils d'épargne les plus puissants qui existent au Canada. Et pourtant, il est souvent mal compris.
Son nom porte à confusion. Ce n'est pas juste un compte d'épargne où tu mets de l'argent pour ne pas le dépenser. C'est un abri fiscal dans lequel tu peux détenir des placements — actions, fonds négociés en bourse, obligations, dépôts — et où tous les gains générés ne seront jamais imposés.
Jamais.
Ni au moment de les retirer. Ni à la retraite. Ni si tu changes d'emploi. L'argent que tu fais dans ton CÉLI t'appartient entièrement, sans que le gouvernement y touche.
Source : Agence du revenu du Canada — Guide du compte d'épargne libre d'impôt (CÉLI) pour les particuliers.
Le plafond de cotisation : ce que tu dois savoir
Chaque année, le gouvernement fédéral fixe un plafond de cotisation au CÉLI. Pour 2025 et 2026, ce plafond est de 7 000 $ par année.
Ce qui est encore plus intéressant : tes droits de cotisation s'accumulent dès tes 18 ans, que tu aies ouvert un compte ou non. Si tu as 25 ans aujourd'hui et que tu n'as jamais cotisé à un CÉLI, tu as probablement plus de 50 000 $ de droits accumulés qui t'attendent.
Et si tu n'utilises pas tes droits cette année, ils se reportent à l'année suivante. Indéfiniment.
Source : Agence du revenu du Canada — Avant de cotiser à un CÉLI, Canada.ca.
Le vrai pouvoir : le temps
Voici où ça devient sérieux.
Imaginons que tu cotises 7 000 $ par année à ton CÉLI avec un rendement moyen de 5 % — un objectif réaliste pour un portefeuille diversifié à long terme. Voici ce que ça donne selon l'âge auquel tu commences :
| Âge de début | Valeur à 65 ans | Total cotisé | Gains libres d'impôt |
|---|---|---|---|
| 18 ans | 1 309 178 $ | 329 000 $ | 980 178 $ |
| 25 ans | 887 878 $ | 280 000 $ | 607 878 $ |
| 35 ans | 488 326 $ | 210 000 $ | 278 326 $ |
Rendement hypothétique de 5 % à titre illustratif seulement. Les rendements passés ne garantissent pas les rendements futurs.
La différence entre commencer à 18 ans et attendre à 35 ans ? Plus de 820 000 $.
Ce n'est pas une erreur de calcul. C'est la magie des intérêts composés sur une longue période — et c'est entièrement libre d'impôt.
7 ans de différence. 421 000 $ d'écart.
Regardons spécifiquement la différence entre commencer à 18 ans et attendre à 25 ans.
Ces 7 années de retard représentent une perte de 421 299 $ à la retraite — pour seulement 49 000 $ de moins en cotisations totales.
Autrement dit, attendre 7 ans te coûte 421 000 $ pour seulement 49 000 $ de moins que tu aurais mis de côté. Ce n'est plus une question de combien tu cotises. C'est une question de quand tu commences.
Utilise notre calculateur de placement pour voir exactement combien ton CÉLI pourrait valoir selon ton âge, ta cotisation annuelle et ton rendement cible. Essayer le calculateur →
« Mais je n'ai pas 7 000 $ à mettre de côté cette année »
Bonne nouvelle : tu n'as pas besoin de cotiser le maximum pour que ça en vaille la peine.
Commencer avec 100 $ par mois vaut infiniment mieux qu'attendre d'avoir « assez » d'argent. Et tes droits inutilisés ne disparaissent pas — ils s'accumulent année après année. Si tes revenus augmentent dans les prochaines années, tu pourras toujours rattraper le retard.
L'important, c'est d'ouvrir le compte et de commencer.
Ce que tu peux mettre dans un CÉLI
Un CÉLI peut contenir bien plus qu'un simple dépôt d'épargne. Selon tes objectifs et ton horizon de placement, tu peux y détenir :
- Des dépôts à taux garanti (GIC)
- Des fonds communs de placement
- Des fonds négociés en bourse (FNB)
- Des actions canadiennes et étrangères
- Des fonds distincts
Le choix des placements à l'intérieur de ton CÉLI dépend de ta tolérance au risque, de tes objectifs et de ton horizon de temps. C'est là qu'un conseiller peut faire une vraie différence — pas juste pour ouvrir le compte, mais pour s'assurer que ce qui se trouve à l'intérieur travaille vraiment pour toi.
Par où commencer
Si tu n'as pas encore de CÉLI, la première étape est simple : ouvrir un compte. Tu n'as besoin que d'être résident canadien, avoir 18 ans et détenir un numéro d'assurance sociale valide.
La deuxième étape, c'est de comprendre comment utiliser cet outil selon ta situation — pas juste comme un compte d'épargne, mais comme un vrai levier de construction de patrimoine.
C'est exactement ce genre de conversation qu'on a lors d'une première rencontre. Gratuite. Sans obligation.
Alexandre Chartier-Jacques est conseiller en sécurité financière certifié AMF, affilié à Groupe Financier Signature. Les projections présentées dans cet article sont à titre illustratif seulement et ne constituent pas un conseil financier personnalisé. Consultez un professionnel qualifié avant de prendre toute décision financière.